Depuis la fin des ann�es 2000, les prix des vieux jeux vid�o se sont envol�s, � cause de l’int�r�t croissant de plus jeunes joueurs. Le march� �tant d�sormais arriv� � maturit�, Nintendo ou encore Sony proposent leur propre catalogue.
Vous avez peut-�tre dans votre armoire un vieux jeu vid�o en parfait �tat dans une bo�te en carton quasi-intacte, avec sa notice. Vous songez � vous en d�barrasser lors d’une brocante? Erreur. Un simple tour chez Amazon vous permet de voir � quel point cette id�e est mauvaise. Un jeu Super Mario World (1990) sur le site de e-commerce est par exemple vendu � 55 euros alors que le vendeur ne propose ni le bo�tier ni la notice (deux �l�ments cl�s pour les collectionneurs).

De fait, le march� du r�trogaming, c’est-�-dire la vente de vieux jeux vid�o, a litt�ralement explos� ces derni�res ann�es. “Un Zelda avec bo�te et notice sur NES se vendait 50 euros � la fin des ann�es 2000, aujourd’hui on le trouve � 150 euros”, explique Valentin Simony, fondateur du site FranceRetrogaming.fr et auteur du blog Link to the Past.

De nombreuses raisons expliquent cette flamb�e. L’une d’entre elles est que ce march� s’est consid�rablement �largi.

“Cette envol�e a surtout eu lieu � partir des ann�es 2009-2010. Avant, le march� concernait surtout des jeux vid�o import�s du Japon, et on parlait davantage de “oldies” que de r�trogaming. Mais � partir de 2009-2010 une client�le plus jeune, �g�e de 18-25 ans, et nostalgique des vieux jeux distribu�s en France et en Europe, est arriv�e. Au point que cette g�n�ration constitue une grande partie de nos clients”, explique R�gis Miserolle, g�rant de la boutique Retrogameshop � Paris, cr��e en 2005.

Les raisons d’une flamb�e
Cette jeune g�n�ration a aussi pu �tre sensibilis�e par les vid�os d’internautes montrant leurs collections de vieux jeux ou de Youtubeurs qui �voquent ces titres dans leurs films (comme le Joueur du Grenier, Benzaie ou le Angry Video Game Nerd). “Une mode s’est cr��e sur internet, ce qui a renforc� l’aspect nostalgique”, abonde R�gis Miserolle.

La demande �tant plus forte, les prix ont logiquement augment� puisque par d�finition l’offre �volue tr�s peu, les �diteurs ne remettant pas en usine des jeux cr��s il y a plus de 20 ans. Et qu’en plus, les jeux existants ne sont parfois plus en assez bon �tat pour �tre vendus.

Valentin Simony explique par ailleurs qu’une confusion r�gne entre les deux march�s du r�trogaming. L’un concerne des collectionneurs qui recherchent des jeux complets avec bo�te et cartouche. L’autre s’adresse davantage aux joueurs qui veulent simplement jouer � de vieux titres et peuvent se contenter de la cartouche seule. “Des particuliers ont pu voir qu’un jeu comme Mario Kart en tr�s bon �tat avec notice et bo�te valait 500 euros et se sont dits que la cartouche seule valait 500 euros, ce qui a accentu� la hausse des prix”, explique-t-il. console rétrogaming : le principe des sites o� ces jeux s’�changent comme eBay, qui fonctionnent sur un syst�me d’ench�res. “A chaque fois on positionne son prix en fonction du prix le plus haut, cela a largement contribu� � la hausse des prix”, regrette Valentin Simony. boutique geek d’agacer les collectionneurs car du coup “ce march� devient parfois r�serv� � une �lite”, poursuit-il.

L’arriv�e des �diteurs
Cette hausse de la demande a fini par attirer l’�il des fabricants. Sony a ainsi d�velopp� son offre de vieux jeux sur son Playstation Store qui permet de t�l�charger ces titres sur une PS4, par exemple. Sega, qui ne fabrique plus de consoles, a vendu sa licence � des �diteurs qui sortent d�sormais r�guli�rement des Mega Drive avec un catalogue de jeux d�mat�rialis�s. Mais l’exemple le plus frappant reste Nintendo qui a sorti fin 2016 la fameuse NES mini, une mini-console pourvue d’une vingtaine de jeux d�mat�rialis�s. Le groupe nippon a ensuite transform� l’essai en sortant une Super NES Mini en ao�t dernier.

“Ils ont attendu que le march� se d�veloppe pour se lancer. Mais ils ont peut-�tre attendu trop longtemps car le march� aujourd’hui est mature voire en d�clin”, consid�re R�gis Miserolle. Le g�rant de boutique consid�re qu’il faudra encore attendre deux voire trois ann�es pour voir si les offres des fabricants impactent sensiblement le march�. Mais il observe n�anmoins que “la demande est en train de se tasser sur certaines consoles comme la NES”. “Peut-�tre la sortie de la mini-NES a pu jouer”, juge-t-il, pr�cisant bien que “ce n’est pas tout � fait la m�me chose: il n’y a pas avec cette console le culte de l’objet qui importe aux collectionneurs. Mais cette console a le m�rite de permettre aux joueurs de jouer � des jeux dont les cartouches sont devenues on�reuses”.

La force de Nintendo
Reste que le succ�s, pour Nintendo tout du moins, est r�el. Ses deux mini-consoles se sont vendues comme des petits pains, se retrouvant tr�s vite en rupture de stocks.

“Quand vous interrogez Nintendo sur le pass�, ils ne vous r�pondent pas et expliquent �tre focalis�s sur l’avenir. Le r�trogaming pour eux n’�tait donc pas important. Mais il se sont rendus compte l’ann�e derni�re qu’ils allaient avoir un No�l plut�t tranquille sans nouvelle console, la WiI U ne se vendant pas tr�s bien, et la Switch devant sortir plus tard. Ils ont alors cherch� une machine rapide � d�velopper et dont ils �taient s�rs d’en �couler beaucoup pour sauver leur No�l. La mini NES est arriv�e et leur a permis de gagner beaucoup d’argent, probablement plus m�me que ce qu’ils attendaient”, d�crypte Rapha�l Gorges, auteur de L’histoire de Nintendo (�ditions Omake Books).

Des succ�s que ce sp�cialiste de Nintendo explique “parce que la NES, la Super NES et la Megadrive �taient vraiment les consoles qui ont berc� l’enfance des joueurs des ann�es 80-90, et b�n�ficient ainsi pleinement de l’effet nostalgie. Le timing �tait donc tr�s favorable”.

D’ores et d�j�, des rumeurs assurent que Nintendo poursuivrait encore ses efforts en sortant une Nintendo 64 Mini, console qui avait accueilli Zelda Ocarina of Time, souvent consid�r� comme le meilleur jeu de tous les temps.